« L’Eglise continue à offrir son aide, surtout dans le monde de la santé, à travers des hôpitaux ou des centres médicaux gérés par les religieux »

Publié le par FranceHaïti

Rome (Agence Fides) – Après un mois à Haïti, Frère Luca Perletti, Consulteur général des Missions camilliennes, vient de rentrer à Rome où il continue, depuis la Curie généralice, à suivre pas à pas la situation du pays. Ci-dessous l’interview qu’il a donnée à l’Agence Fides. 
Quelle situation avez-vous trouvé à Haïti et comment l’avez-vous quittée, après votre séjour sur l’île ?
« Je suis arrivé à Port-au-Prince une semaine après le tremblement de terre. Destruction et confusion partout. Notre Foyer Saint Camille, comme le petit nombre d’autres hôpitaux, était pris d’assaut par les nombreuses victimes, amenées pour des urgences chirurgicales. Outre l’aspect médical, les problèmes liés à la situation alimentaire précaire étaient évidents : un grand nombre de victimes étaient souvent incapables de se procurer le nécessaire pour survivre. De petits marchés avec de rares marchandises s’organisaient le long des rues. Les organismes étaient engagés dans la lutte pour assurer aux survivants de quoi vivre et se nourrir. Après un mois dans la capitale, la situation médicale s’est considérablement améliorée. Mais on prévoit une phase post urgence très active, en raison de la chirurgie, de la rééducation (près de 20.000 interventions chirurgicales ont été réalisées immédiatement après le tremblement de terre), de la création d’instituts pour les prothèses et de l’aggravation de maladies saisonnières liées à la saison des pluies imminente : ce qui mettra à dure épreuve le système sanitaire déjà faible. Evidemment se pose la question de la reconstruction, de la restauration de l’autorité locale, et de la lutte contre la pauvreté ». 
Les structures camilliennes présentes sur place ont-elles subi des dommages ? Fonctionnent-elles encore ? Comment se sont organisés les religieux ? 
« A Port-au-Prince les Camilliens gèrent un hôpital dans la périphérie. Il sert une population de près de cent mille personnes. Il n’a jamais cessé de fonctionner car il a été épargné par le cataclysme. L’hôpital offre des services de consultation en pédiatrie, gynécologie, médecine et chirurgie ; de premier secours ; d’hospitalisation avec près de 100 lits ; et de diagnostique. Il fonctionne aussi comme service de médecine communautaire pour la zone de compétence qui lui a été attribuée par le Système sanitaire national. L’urgence a conduit à revoir les plans de l’hôpital, qui sera agrandi d’une seconde salle d’opération, avec de plus grandes structures de premier secours, avec une cinquantaine de lits pour la rééducation et avec l’ouverture du laboratoire de production de prothèses. D’autre part, les services sociaux internes et le bureau de consultation psychologique seront renforcés ».
Quel est l’engagement de l’Eglise dans cette situation d’urgence grave? A quelles urgences s’est-elle engagée à répondre principalement ?
« L’Eglise a été très touchée, ayant perdu beaucoup de personnes, en commençant par l’Archevêque de Port-au-Prince. De nombreux édifices de l’Eglise, de nombreux lieux de réunion et bureaux administratifs se sont effondrés. Des ordres et congrégations religieuses ont subi des pertes humaines et matérielles considérables. On prévoit une saison très difficile. Néanmoins l’Eglise a continué à offrir son aide, surtout dans le monde de la santé, grâce à des hôpitaux et centres médicaux gérés par des religieux. Même là où il n’existait pas de structures médicales, les congrégations ont fait de la place pour installer des hôpitaux de camp ou des dispensaires. Beaucoup de religieux sont souvent présents dans les réunions de coordination, en témoignage de leur engagement socio-médical particulier dans les zones affaissées (le quartier de la Cité du Soleil, par exemple). 
Le Nonce apostolique s’est lui aussi activement engagé à soutenir l’Eglise dans cet effort de réponse à l’urgence et de reconstruction intérieure. Très actifs sont aussi les groupes de chrétiens d’autres dénomination, avec lesquels, dans certains cas, s’instaurent des rapports de collaboration ». 
Combien de temps pensez-vous qu’il faudra avant que la population touchée puisse recommencer à vivre, à espérer… ?
« L’avenir du pays est incertain. Haïti est l’un des pays les plus pauvres du monde et ce tremblement de terre peut le mettre à genoux. Mais beaucoup espèrent que ce sera l’occasion d’un saut dans l’avenir, maintenant que le monde s’est aperçu d’Haïti. C’est un espoir. Alors, vraiment, des larmes et de la douleur, pourra naître un avenir meilleur ! Mais tous, à commencer par les grandes puissances, devront y contribuer, rendant à ce pays son titre de perle des Caraïbes ». 

Publié dans Communautés

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