Témoignage du père Michel Eugène, csc.

Publié le par FranceHaïti

Chers confrères,

Avec une grande tristesse, je vous annonce que nous (le Père Nérée et moi) avons formellement identifié sous les décombres de l’Université Quisqueya le corps de notre confrère Emmanuel Guillaume. Avec l’aide d’un sauveteur, nous avons pu nous frayer un chemin à travers un trou jusqu’à une petite partie dégagée de la tête de notre confrère. Le reste du corps est emprisonné sous d’immenses poutres du bâtiment effondré. Nous avons pu l’identifié grâce au polo blanc rayé qu’il portait, ce jour-là, à son occipital et à une partie de sa tempe droite. Je vous fais grâce des détails… il y avait déjà une odeur insupportable.

 

Les sauveteurs français étaient sur place. Ils n’ont pu rien faire pour dégager les cadavres. Ils sont d’ailleurs intéressés par ceux qui sont encore en vie et non aux morts. Je peux vous dire qu’il n’est pas envisageable que notre confrère soit dégagé des décombres avant 24 heures. Il faudra peut-être compter des jours avant que ses restes puissent être récupérés. Nous ne pouvons donc pas envisager de le ramener au Cap-Haïtien, ni même de le sortir du site de l’Université. Mais, nous tenons à ce qu’il soit enterré de manière digne. Nous avons le mot du Recteur de l’Université. Il sera probablement enterré avec d’autres étudiants et cadres de l’Université dans un jardin aménagé à cet effet. Nous lui avons suggéré que, le cas échéant, il soit construit un moment funéraire à la mémoire des disparus avec leurs noms inscrits dessus.

Si, à un moment donné, nous devons tous laisser Port-au-Prince, rassurez-vous que je ne partirai pas avant d’avoir béni le corps exhumé des décombres de notre confrère Guillaume et assisté à son inhumation.

Je le vois encore le 26 décembre dernier presqu’au bout du rouleau, après plusieurs grosses journées d’affilée dans la préparation de l’ordination sacerdotale et de la première messe solennelle de Léonex Almonor. Un confrère lui avait dit de se ménager un peu car il risquait, à vue d’œil, de craquer tant il se donnait sans compter. Guillaume était une générosité sans borne. Nous lui ferons, dès que possible, des funérailles dignes d’un religieux de Sainte-Croix.  Le Père Bernard Antoine est prié d’annoncer la nouvelle à ses proches. Je le recommande à vos prières et aux suffrages de la Congrégation.

Union de prières

Michel Eugène, CSC

Supérieur provincial

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Publié dans Témoignages

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